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mardi 30 juin 2020
jeudi 5 mars 2020
Hugo au pays sans chapeau
![]() |
| Hugo Chavez |
C’était
il y a exactement 7 ans. Au petit écran apparaissait le grand Nicolas Maduro.
En sanglots, le meilleur élève du maître Chavez annonçait aux Vénézuéliens « l’information la plus dure et tragique que nous
pouvons transmettre à notre peuple ».
Hugo était
parti là d’où on ne revient pas, il s’était exilé au pays sans chapeau.
C’était la fin d’une vie de lutte. Le terminus d’un
petit métis timide du Llanos devenu une grande gueule internationale. C’est qu’il
parlait Hugo, il parlait beaucoup et sans filtre. Comme s’il voulait prendre
une revanche sur ces années d’enfance taciturnes. Car oui, ce n’est qu’à l’adolescence,
en jouant les animateurs aux concours de Miss qu’il a vaincu cette grande
timidité qui l’empêchait de devenir la bête politique à laquelle son destin
avait donné rendez-vous.
Hugo parlait avec la légèreté de son cœur. Pratiquant son devoir d’utopie, nécessité de tout dirigeant, il faisait rêver un peuple abonné aux aventures cauchemardesques. Hugo avait le duende, ce don de la parole qui dirige les mots non pas aux oreilles, mais au tréfonds de l’âme. Transporté par les livres, ceux d’un haut niveau de littératie, il avouera lui-même en clamant « l’histoire m’a emporté ».
Hugo parlait avec la légèreté de son cœur. Pratiquant son devoir d’utopie, nécessité de tout dirigeant, il faisait rêver un peuple abonné aux aventures cauchemardesques. Hugo avait le duende, ce don de la parole qui dirige les mots non pas aux oreilles, mais au tréfonds de l’âme. Transporté par les livres, ceux d’un haut niveau de littératie, il avouera lui-même en clamant « l’histoire m’a emporté ».
Car,
les livres sont un baptême de feu par lequel l’esprit ne peut garder les mêmes
propriétés après avoir été frappé par une œuvre littéraire majeure. Chaque page
tournée taclant vos convictions, étalant votre ignorance.
Tout
ce savoir accumulé, c’est en connaissance de cause qu’il prit une approche Sankarienne
en privant le champagne à certains afin que tous boivent de l’eau potable.
À peine son corps refroidi que les champions de la calomnie se mirent à l’œuvre pour détruire son image. Dictateur, gorille, inculte, il fallait profiter de son silence éternel pour faire entendre les hurlements de ses vociférateurs.
Mais, paradoxalement, Chavez est peut-être le plus sérieux obstacle à la pérennité du Chavisme. Sa personnalité omniprésente, sa posture d’homme providentiel rendent très boiteuse la longue marche du Chavisme sans son turbulent en chef.
La grande faucheuse étant passée, ils devront se débrouiller sans Hugo. De toute façon, il est sûrement occupé à lire la constitucion, là-bas où il a dû retirer son inséparable béret rouge, au pays sans chapeau.
À peine son corps refroidi que les champions de la calomnie se mirent à l’œuvre pour détruire son image. Dictateur, gorille, inculte, il fallait profiter de son silence éternel pour faire entendre les hurlements de ses vociférateurs.
Mais, paradoxalement, Chavez est peut-être le plus sérieux obstacle à la pérennité du Chavisme. Sa personnalité omniprésente, sa posture d’homme providentiel rendent très boiteuse la longue marche du Chavisme sans son turbulent en chef.
La grande faucheuse étant passée, ils devront se débrouiller sans Hugo. De toute façon, il est sûrement occupé à lire la constitucion, là-bas où il a dû retirer son inséparable béret rouge, au pays sans chapeau.
Mayamba Wa Luboya
*Le Pays sans chapeau est une expression haïtienne qui désigne l’au-delà en Haïti, parce que personne n’a jamais été enterré avec son chapeau.
jeudi 13 juin 2019
Un africain sur l'île de Tromelin
![]() |
**En 1761, des africains capturés
furent abandonnés sur l’île de Tromelin, après le naufrage d'un navire de
la Compagnie française des Indes orientales. Leur survie pendant 15 ans sur ce
minuscule bout de terre, demeure un mystère absolu. Mon texte, inspiré des
préceptes de Prévert, tente de romancer ce qui s’est passé.
Un africain sur l'île de Tromelin
Un leader naturel, une femme amoureuse
Un regard qui dit tout, un sourire qui cache mal
Un navire, un capitaine ivrogne, deux matelots sans cœur
Un froid de canard, des vagues violentes
Un prête sans foi ni loi, une férocité sans nom
Un complexe de supériorité qui tombe, une solidarité humaine qui grimpe, une attaque qui s'organise dans les coulisses
Deux africains sur l'île de Tromelin
Un leader naturel, une femme amoureuse
Un regard qui dit tout, un sourire qui cache mal
Un navire, un capitaine ivrogne, deux matelots sans cœur
Un froid de canard, des vagues violentes
Un prête sans foi ni loi, une férocité sans nom
Un complexe de supériorité qui tombe, une solidarité humaine qui grimpe, une attaque qui s'organise dans les coulisses
Deux africains sur l'île de Tromelin
Une jeune femme
surdouée, un jeune homme intègre
Un homme bon, trop bon
Un Roi autoritaire, une église toute puissante
Deux veilles connaissances, un cousin éloigné
Des requins blancs, un métis congolo-portugais du mauvais côté de l'histoire
Un cahier de bord, un livre de géographie, 3 bouquins de mathématiques
Un traite, un peureux, un suicide
La bénédiction du Pape, un chef de village naïf , une conteuse, un astrologue, un prof d'Ewe
Trois africains sur l'île de Tromelin
Une femme enceinte, un nouveau-né, un orphelin de père
Une famille Aristocrate, un commerçant Hollandais, un prince héritier d'un Royaume africain
Un homme bon, trop bon
Un Roi autoritaire, une église toute puissante
Deux veilles connaissances, un cousin éloigné
Des requins blancs, un métis congolo-portugais du mauvais côté de l'histoire
Un cahier de bord, un livre de géographie, 3 bouquins de mathématiques
Un traite, un peureux, un suicide
La bénédiction du Pape, un chef de village naïf , une conteuse, un astrologue, un prof d'Ewe
Trois africains sur l'île de Tromelin
Une femme enceinte, un nouveau-né, un orphelin de père
Une famille Aristocrate, un commerçant Hollandais, un prince héritier d'un Royaume africain
L’élan vital, la
résilience, l’audace de vivre ou la peur de mourir
Sauve qui peut ou
plutôt sauve qui peau
Qui est mieux entre celui qui a peur de l'eau et celui qui a peur de l'autre ?
Qui est mieux entre celui qui a peur de l'eau et celui qui a peur de l'autre ?
Un nganga, un triangle amoureux, deux relations
compliquées
Une boussole qui ne fonctionne
plus, des coquillages, deux bouteilles de Gin
Et…quatre africains
sur l'île de Tromelin
Mayamba Luboya
lundi 4 mars 2019
Le Congo change
En
décembre 1965, dans son recueil de textes intitulé « Telema Congo »,
l'entrepreneur en série Augustin Dokolo écrivait ceci : « …si préside aux
destinées du pays un homme dont le pouvoir repose sur des forces vives de la
Nation, sur un corps ayant prouvé pendant ces tristes années de trouble et de
rébellion qu’il était bien au service de tous, quel parlementaire déçu, quel
intellectuel aigri, quel homme d’affaires dupé, quel citoyen découragé ne
trouverait un courage nouveau pour combattre, pour créer, pour construire ? ».
Telle une bouteille à la mer, le message d’Augustin Dokolo refait surface à l’heure des réflexions postélectorales du scrutin du 30 décembre 2018 en RDC. Des propos qui, 54 ans plus tard, sont d’une justesse qui frôle la vision. Entre une démocratie à ses balbutiements, des institutions faibles et un débat sur la « vérité des urnes », n’avons-nous peut-être pas, entièrement, eu le temps d’apprécier le moment présent : le Congo change.
Des
salariés impayés entamons des grèves à la queue leu leu, des étudiants d’universités
manifestant ouvertement leur opposition au Président de la République, des
meetings hostiles au pouvoir diffusé en direct à la télévision d’état, le Congolais
n’avait pas respiré cet air de liberté d’expression depuis des lustres. Les
téméraires qui s’aventuraient sur ce genre de terrain miné le faisaient au
péril de leurs vies.
Et pourtant le nouveau président Félix Tshisekedi, en poste depuis une trentaine de jours seulement, n’a même pas encore nommé de gouvernement. Toutefois, il a réussi quelque chose de très simple, là où son prédécesseur a lamentablement échoué 18 ans durant, le nouveau président…parle. Il parle aux Congolais de l’étranger quand il se déplace, il parle aux médias, il parle au Congolais de la rue. C’est cette communication qui donne l’espoir, et c’est cet espoir qui fait vivre.
Et pourtant le nouveau président Félix Tshisekedi, en poste depuis une trentaine de jours seulement, n’a même pas encore nommé de gouvernement. Toutefois, il a réussi quelque chose de très simple, là où son prédécesseur a lamentablement échoué 18 ans durant, le nouveau président…parle. Il parle aux Congolais de l’étranger quand il se déplace, il parle aux médias, il parle au Congolais de la rue. C’est cette communication qui donne l’espoir, et c’est cet espoir qui fait vivre.
Les pays ne tombent pas à cause de la corruption, d’une armée faible ou des multinationales aux dents longues. Les pays tombent par faute de manque de volonté politique.
Ce n’est pas un hasard que le leader le plus remarquable de l’Afrique actuellement, le premier ministre éthiopien Abiy Ahmed, a étudié le « leadership transformationnel ». Dr Ahmed a saisi toute la science de l’exemplarité.
Tout ce qui manquait à ce Congo, ce n’était donc que la parole. La parole sincère d’un chef. Au commencement était le Verbe, dit-on. Ce sacré verbe, il a été l’arme redoutable des géants de notre histoire. De Lumumba à Malcolm X en passant par Marcus Garvey, ces « grandes gueules » n’avaient ni armée, ni fortune personnelle, ils n’avaient pour dynamite que la puissance des mots, prêts à détonner au moindre affront. Ces aînés parlaient avec l’esprit, en oubliant que dans la foulée, c’est le corps qui payerait la dette de ces audaces verbales.
Le vent du changement congolais souffle et la diaspora n’est pas épargnée par cette brise. Dans les salons de coiffure et autres lieux de rencontres de la communauté, ça parle de retourner au pays, le grand retour cette fois. Le bruit court que les « combattants » n’ont plus à craindre d’être appréhendés à l’aéroport de Kinshasa par des services secrets soupe au lait, béquille d’un pouvoir boitant.
Le
Congo change, est-ce que le Congolais changera ?
Mayamba
Luboya
dimanche 13 janvier 2019
La danse du Congo
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| Martin Fayulu et Félix Tshisekedi |
Il y a
quelques jours, j’ai reçu un texto de ma sœur m’interrogeant sur la
proclamation du vainqueur au scrutin présidentiel au Congo. Je lui réponds
que c’est Félix Tshisekedi qui a été déclaré gagnant « provisoire ».
Surprise,
et ne connaissant pas trop l’héritier de feu Étienne Tshisekedi, elle me
demande alors si cela est une bonne nouvelle pour le pays, s’il fera du bon
travail ou si on va se débarrasser de lui. Je lui réplique qu’en fait, c’est
beaucoup plus complexe que ça...
Tshisekedi
fils est élu président, mais le chef d’État sortant, Joseph Kabila, a
verrouillé le système de l’état. Ainsi, Félix Tshisekedi n’aura pas les pleins
pouvoirs, du moins au début de son exercice.
De
plus, les résultats sont remis en cause par la puissante Église catholique et
contestés par le principal challenger Martin Fayulu. Ma sœur m’arrête, en me
disant qu’elle n’y comprend rien à la politique congolaise.
Cela
m’a fait rire, et m’a fait réaliser une fois de plus que la politique
congolaise est une danse étourdissante. Les élections au Congo sont
un jeu d’échecs en trois dimensions.
Tout
porte à croire que Joseph Kabila a organisé ses propres élections. Parce que
rien ne pourrait expliquer cette attitude lunatique du peuple : il aurait
vivement voté un opposant à la tête du pays, mais majoritairement choisi le
pouvoir en place aux législatives.
Kabila
est un fin stratège, il a misé sur deux maux congolais : l’égocentrisme et
le tribalisme refoulé. Il a réussi à diviser l’opposition, et à faire renaître
ce démon qu’est l’appartenance clanique, que le président Mobutu avait pourtant
mâtée d’une main de maître.
Jusqu’ici,
la RDC a été un modèle exemplaire du vivre ensemble, et pas seulement pour
l’Afrique, mais au niveau international. Il n’y a pas beaucoup d’endroits au
monde où plus de 400 ethnies cohabitent en paix en utilisant une lingua franca
issue d’un groupe parmi eux.
Ce bel
héritage est menacé par la passion que suscite la dernière élection. D’une
contestation légitime des résultats, certains invitent désormais l’appartenance
tribale au débat. Cet aveuglement derrière « son candidat », désoriente le
citoyen sur les vrais enjeux, qui dépassent de très loin les simples personnes
que sont Félix Tshisekedi et Martin Fayulu.
L’intelligentsia
au service du gouvernement congolais a mis le peuple devant un traquenard :
soit les Congolais s’affrontent entre eux pour installer leur président, soit
ils font appel à la puissance de feu occidentale, qui ne bouge que pour ses
propres intérêts, toujours incompatibles avec ceux de ledit peuple.
Ainsi,
plusieurs compatriotes croient que le dilemme se trouve entre Fayulu et
Tshisekedi. Cela renvoie à cette belle formule que tenait un des candidats
malheureux à la présidentielle, Alain Shekomba, en disant : « à force
d’avoir personnalisé le problème à Joseph Kabila, nous voulons personnaliser la
solution ».
Ce que
tout Congolais doit savoir est que leur élection intéresse au plus haut point
les puissants de ce monde. C’est que le changement du code minier sans délai a
piqué aux vif les multinationales et leurs gouvernements. En effet, le
nouveau code minier appliqué en été 2018 a quintuplé la taxe sur les «
matériaux stratégiques » que les multinationales doivent payer à l’état
congolais. Par un décret, le premier ministre Bruno Tshibala a fait accepter le
cobalt, élément indispensable pour les voitures électriques, à la liste de ces
matériaux stratégiques.
Mécontentes,
les multinationales ont intensifié le lobbying, en plus de rencontrer
personnellement le président Kabila pendant plusieurs heures, sans toutefois
réussir à faire changer d’un iota la décision du
gouvernement. Depuis sa taxe de 2% datant de 2002, la nouvelle taxe
du code minier est désormais de 10%, sans compter plusieurs autres exigences
nettement plus rigides.
Ainsi,
le problème de Kabila aujourd’hui, c’est qu’il est maintenant autant
impopulaire chez les décideurs occidentaux qu’il l’est chez les Congolais. Le
Congolais qui vit avec moins de 2$ US par jour n’a pas senti une seconde les
retombées de cette hausse des redevances du nouveau code minier. La corruption
ayant raflé sa commission bien avant qu’une partie puisse tomber dans
l’assiette du citoyen. De l’aveu même du chef de l’état sortant, 85% de
l’économie congolaise serait informelle.
Cette
crise postélectorale est donc l’alibi rêvé pour les multinationales afin de
régler leurs comptes avec le pouvoir congolais. Le zèle avec lequel le conseil
de sécurité de l’ONU a convoqué le président de la CENI, Corneille Naanga, a
étonné plus d’un. Surtout, lorsque l’on sait qu’à côté au Cameroun, les appels
à la communauté internationale du Dr Maurice Kamto, principal opposant de Paul
Biya, sont restés lettre morte.
Les
grands médias démagogues instrumentalisent la masse. En prenant des images d’un
blessé par-là, un mort par-ci et des témoignages de contrariés, ils préparent
la table pour servir la haine, prémisse d’une guerre civile et/ou une
intervention extérieure. Ils essayent dur comme fer de convaincre les Congolais
qu’ils sont assez vulnérables pour s’envenimer pour deux hommes qu’ils ne
connaissaient même pas il y a deux ans à peine. Oui, car Félix Tshisekedi a
évolué dans l’ombre de son père jusqu’à la disparition de ce dernier en février
2017, et Martin Fayulu était un soldat inconnu au bataillon pour la plupart des
Congolais hors Kinshasa avant cette élection.
Ce
n’est donc pas pour les beaux yeux de Fayulu que l’oligarchie tape du poing sur
la table.
Les
Congolais auront besoin de toute leur intelligence, sang-froid et sens
républicain pour déjouer cette énième menace de division qui pèse contre la république. Le Congo n’a
de chance de survie pour les prochaines générations que s’il demeure un et
indivisible.
Dans
cette ambiance de lutte, il faut savoir danser. Il faut esquisser les bons pas
pour suivre le tempo de…la danse du Congo.
Mayamba
Luboya
[1] Voir et télécharger le nouveau code minier ici : https://www.mines-rdc.cd/fr/wp-content/uploads/Code%20minier/J.O._n%C2%B0_spe%C3%ACcial_du_28_mars_2018_CODE_MINIER%20DE%20LA%20RDC.PDF
[1] Voir et télécharger le nouveau code minier ici : https://www.mines-rdc.cd/fr/wp-content/uploads/Code%20minier/J.O._n%C2%B0_spe%C3%ACcial_du_28_mars_2018_CODE_MINIER%20DE%20LA%20RDC.PDF
dimanche 30 décembre 2018
« Vous tous là-bas, regardez le Congo…»
« Vous tous là-bas, regardez
le Congo…», c’est par ces mots que débutait le réquisitoire d’un jeune
activiste-artiste congolais, armé de courage, dans la rue face à des policiers
de son pays.
Le jeune militant s’était alors lancé dans un plaidoyer plein de
bon sens avant d’être arrêté par les forces de l’ordre. La vidéo a fait le tour
des réseaux sociaux et a ému plus d’un.
En effet, il ne faut pas cesser
d’attirer l’attention sur le Congo. Pendant des siècles, le monde a regardé le
Congo pour les mauvaises raisons : accaparer ses ressources. Si le citoyen
occidental moyen ne peut situer le Congo sur une carte, ses dirigeants
connaissent le pays-continent par cœur.
Longtemps, on a regardé le Congo sans y voir
les Congolais. Les yeux axés sur les profits, on y a vu que le Congo des
ressources. Dans cette logique, les multinationales ont eu plus de poids que
les institutions, les actionnaires plus que les élus et les proches du pouvoir
plus que les citoyens ordinaires.
Aujourd’hui, 30 décembre
2018, jour de la troisième élection de l’histoire du pays, il serait sage de
renouveler la manière de regarder le Congo, il faudrait finir par voir qu'il y
a des gens qui y vivent. Des gens comme tout le monde, qui aspirent, eux aussi,
à être maîtres de leurs destins. Leur sang ne peut plus être le carburant d’un
moteur économique. Leurs parcelles ne peuvent plus servir de terrains
d’affrontements pour tous les chercheurs d’or.
Toute patience ayant ses limites, c’est un modèle d’affaires qui ne tient plus à la
veille d’entamer l’an 2019.
Et non, il ne s'agit pas d'une guerre ethnique. Non plus, d'un petit dictateur qui veut à tout prix rester au pouvoir pour s'enrichir. Les raisons sont plus obscures, les forces sont plus redoutables. Il s'agit ici de l'obstination dans la non-reconnaissance aux Congolais, des principes fondamentaux qui constituent un être humain : le droit de se gouverner, le droit de disposer de son coin de terre, le droit à l'autodétermination.
Après une parodie d’élection sous une
organisation des plus chaotique, le Congolais se rend compte que la voie
démocratique est une avenue bloquée sur son sol. Il faut donc faire demi-tour
et s’en remettre à la constitution, elle est la boussole qui permet de
retrouver son chemin, car elle prévoit toutes les dispositions pour protéger
son vote.
Les mentalités changent et la situation
évolue au pays de Lumumba. Étant donné que nous sommes presque tous, dans une
certaine mesure, reliés à ce pays, je vous conseille à vous tous là-bas, de
regarder le Congo.
Mayamba Luboya
samedi 10 novembre 2018
Mon Afrique va craquer
En Afrique, la
démocratie on y croit...jusqu’aux élections.
Paradoxal, mais bien réel, le jour de la proclamation des résultats est un véritable lendemain de veille, une douche froide pour les derniers idéalistes.
Récemment, le triomphe de Paul Biya au Cameroun, avec un « score africain » de 71% des voix, vient rappeler aux plus naïfs d’entre nous que les élections dans bons nombres de pays africains ne sont qu’un dîner de cons, ou si vous préférez une formule moins grossière, une marche santé pour de millions d’électeurs.
Au pays de Roger Milla, le principal challenger du président sortant, le Dr Maurice Kamto, réclame timidement sa victoire par des vidéos diffusées sur le net, où l’avocat de formation plaide sa cause, documents à l’appui, prenant la communauté internationale pour jury.
Son dircab durant la campagne présidentielle, le très bouillant Paul Éric Kingue, n’a cessé de crier sur tous les toits que 32 procès-verbaux, représentants 1 300 000 votes, n’ont jamais été signés, sont donc illégaux.
Que de guerres lasses, que de prêches dans le désert. Comment gagner un procès lorsque le jury est corrompu, et que l’accusé et le juge sont blanc bonnet, bonnet...
Nous nous retrouvons ainsi devant cette question que se posait Lénine : que faire ?
Une interrogation désormais panafricaine, tellement elle trotte dans l’esprit de plusieurs devants une injustice semblable.
Non loin du Cameroun, en R.D. Congo cette fois, le président sortant Joseph Kabila, lui aussi, rit dans sa barbe grisette. C’est qu’il prépare le coup du siècle : il ne briguera pas un troisième mandat, mais compte bien installer son propre YesMan au Palais de la Nation. En effet, au soir du 23 décembre, jour de la 3e élection de l’histoire du pays, le pouvoir congolais tentera de faire avaler à ses concitoyens qu’ils ont votés massivement pour son dauphin, Emmanuel Shadary. Un monsieur qu’ils ne connaissaient pas il y a à peine trois mois, un technicien au charisme d’une feuille morte.
Les opposants politiques les plus sincères savent au plus profond de leur conscience qu’en cas de hold-up électoral, leurs recours sont limités. Très souvent, si la communauté internationale s’en mêle, c’est qu’on ne pourra payer la facture sans y laisser une partie de son âme.
Les politiques sont donc devant un cul-de-sac. Mais, dans cette route du désespoir, la rue reste le joker de ce jeu dangereux, la rue peut faire halte aux grands de ce monde, la rue peut bloquer le chemin aux ivres du pouvoir.
Parce que nul n’est au-dessus de la loi, la rue peut se faire justice.
Paradoxal, mais bien réel, le jour de la proclamation des résultats est un véritable lendemain de veille, une douche froide pour les derniers idéalistes.
Récemment, le triomphe de Paul Biya au Cameroun, avec un « score africain » de 71% des voix, vient rappeler aux plus naïfs d’entre nous que les élections dans bons nombres de pays africains ne sont qu’un dîner de cons, ou si vous préférez une formule moins grossière, une marche santé pour de millions d’électeurs.
Au pays de Roger Milla, le principal challenger du président sortant, le Dr Maurice Kamto, réclame timidement sa victoire par des vidéos diffusées sur le net, où l’avocat de formation plaide sa cause, documents à l’appui, prenant la communauté internationale pour jury.
Son dircab durant la campagne présidentielle, le très bouillant Paul Éric Kingue, n’a cessé de crier sur tous les toits que 32 procès-verbaux, représentants 1 300 000 votes, n’ont jamais été signés, sont donc illégaux.
Que de guerres lasses, que de prêches dans le désert. Comment gagner un procès lorsque le jury est corrompu, et que l’accusé et le juge sont blanc bonnet, bonnet...
Nous nous retrouvons ainsi devant cette question que se posait Lénine : que faire ?
Une interrogation désormais panafricaine, tellement elle trotte dans l’esprit de plusieurs devants une injustice semblable.
Non loin du Cameroun, en R.D. Congo cette fois, le président sortant Joseph Kabila, lui aussi, rit dans sa barbe grisette. C’est qu’il prépare le coup du siècle : il ne briguera pas un troisième mandat, mais compte bien installer son propre YesMan au Palais de la Nation. En effet, au soir du 23 décembre, jour de la 3e élection de l’histoire du pays, le pouvoir congolais tentera de faire avaler à ses concitoyens qu’ils ont votés massivement pour son dauphin, Emmanuel Shadary. Un monsieur qu’ils ne connaissaient pas il y a à peine trois mois, un technicien au charisme d’une feuille morte.
Les opposants politiques les plus sincères savent au plus profond de leur conscience qu’en cas de hold-up électoral, leurs recours sont limités. Très souvent, si la communauté internationale s’en mêle, c’est qu’on ne pourra payer la facture sans y laisser une partie de son âme.
Les politiques sont donc devant un cul-de-sac. Mais, dans cette route du désespoir, la rue reste le joker de ce jeu dangereux, la rue peut faire halte aux grands de ce monde, la rue peut bloquer le chemin aux ivres du pouvoir.
Parce que nul n’est au-dessus de la loi, la rue peut se faire justice.
Dans cet écosystème cynique, comme la nature, la rue reprendra ses droits.
À l’instar des cités en France, je sens que mon Afrique va craquer.
Mayamba Luboya
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" Nous avons longuement parlé avec Kabila de ce que notre gouvernement considérait comme une faute stratégique de nos amis africains ; ...






