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jeudi 8 juin 2017
lundi 27 mars 2017
L'idée Tshisekedi
![]() |
| Dans les rues de Kinshasa (Congo), une femme, avec une bougie, porte l’effigie de Tshisekedi. |
« Je ne suis pas un homme,
je suis une idée » disait Patrice Lumumba en parlant de sa personne.
Être une idée ? Mais oui ?! Pourquoi n’y
avons-nous pas pensé avant ?
Voilà, un concept de génie. Car, en effet, pour marquer les esprits,
vaut mieux être une idée qu'un homme. L'idée a plus d'espérance de vie que
l'homme.
L'homme ne résiste pas aux saisons, l'une d'elles finira par le
décomposer, le retourner poussière. Peut-importe l'intensité de son passage sur
terre, la séquence terrestre du Muntu est
insignifiante dans le film de l'univers. Mais qui sait jusqu'où peut aller une
idée ?
Elle n'a pas d’ego, donc ne
réagit pas à la flatterie, est immunisée à la jalousie. L'idée transcende les
époques, bien qu'égratignée par quelques erreurs de traductions et mauvaises
interprétations, elle garde son canevas à travers les âges. Elle devient sienne
à celui qui se l'approprie, qui la défend avec zèle, sans l'étouffer dans le
fanatisme.
Car les fanatiques de
l'idéaliste son contre-productifs à l'idéal. L'idée ne nécessite pas de fans, en revanche, il lui faut des
critiqueurs, des empêcheurs de tourner en rond, qui vont continuellement la « challenger
».
Si l'homme peut avoir besoin
de bras pour commander, l'idée est dépendante des têtes qui vont la revisiter.
Un proverbe Chinois nous
dit que « quand le sage montre le ciel, l'imbécile regarde le doigt ». Le ciel
c'est l'idée, le doigt c'est l'homme. Ne regardons donc pas l'homme, il n'est
qu'humain, trop humain. Regardons l'idée, elle est le comme le ciel:
incommensurable, surprenante, et porteuse d'étoiles.
Astres qui ont pour mission
de faire rejaillir sous de nouveaux cieux, cette idée d'un Congo décomplexé,
adulte et uni.
Cette idée d’état de droit.
Cette conception noble de la chose publique qu’avait Dr. Étienne Tshisekedi.
Être préoccupé par la prochaine génération au point d’oublier la prochaine
élection. Redonner à la politique ses lettres de noblesses, lui rhabiller de
manière plus respectueuse, afin qu’elle n’attire plus tous ces aventuriers à la
recherchent de légèreté, tous ces crevards qui ne jurent que par l’aventure.
L’idée d’un peuple d’abord,
qui se prend en charge et assume son destin. L’idée de reprendre le contrôle de
son corps, de son esprit, de son sol.
Aujourd'hui, 2 mois après
sa mort, cette idée, ce n'est pas
tout ce qui reste de Tshisekedi, cette idée, C’EST tout Tshisekedi.
Cette idée c'est la mienne,
c'est la tienne, c'est la nôtre.
Mayamba Luboya
mercredi 28 décembre 2016
Les enfants des autres
![]() |
| Manifestation contre le pouvoir à Kinshasa. |
À ses enfants, on dira : « allez à
l’école, marchez d’un pas assuré, surveillez vos fréquentations, soignez vos
relations, regardez les gens dans les yeux lorsque vous conversez, donnez une
poignée de main ferme, ne faites pas un travail insignifiant. » Aux enfants
des autres, on ne dira rien.
S’ils n’ont pas de père, de mère, ou les
deux, et bien ils se débrouilleront tout seuls. Ils apprendront sur le tas, à
coups d’essais-erreurs, les dures réalités de la vie et ses nombreux non-dits.
Pendant qu’on veille à l’éducation de ses enfants,
les envoient dans les universités les plus cotées du monde, les enfants des
autres sont dans la rue, à manifester en esquivant des balles réelles, pour un
lendemain meilleur au pays. Quand ce
lendemain arrivera, ce seront les enfants dépêchés étudier ailleurs, qui,
bardés de diplômes d’institutions prestigieuses, reviendront occuper les postes
d’envergures des nouvelles organisations.
Et pourtant, les enfants des autres sont à
la première ligne du combat. Ils ne passent pas sur les grands médias, mais ils
sont les porte-voix du changement. Rien n’y fait, ils sont quand même tenus à
l’écart des vraies discussions, ils n’ont pas connaissances des tenants et
aboutissants.
Ils sont invités à table, sans recevoir le
menu. Ils n’ont pas le loisir de choisir, d’ailleurs, ils ne savent même pas vraiment
ce qu’ils mangent. Mais ce qu’ils ignorent par-dessus tout, c’est que c’est à
eux que reviendra l’addition. Ils seront facturés un prix hors norme pour ce
repas qu’ils n’ont jamais commandés.
Les pragmatiques nous dirons : « on
ne fait pas d’omelette sans casser d’œufs », ils oublieront d’ajouter : « bien
entendu, les œufs doivent provenir d’une autre poule ».
Tant que ce n’est pas dans ma cour, jusqu’ici
tout va bien…
Les enfants des autres sont-ils le
sacrifice humain du changement de système sur la terre mère ?
Car, force est de constater que l’importation en terre africaine, du concept
grec de démocratie, vient avec une facture extrêmement salée.
Il semble que l’Afrique, le continent de
l’arbre à palabres, le pays du gagnant-gagnant, a beaucoup de mal à adhérer spirituellement
à cette théorie de : « j’ai gagné parce que j’ai plus d’amis que toi. » Le
pied africain serait-il trop gros pour la chaussure démocratique ? Un président
peut-il céder sa chaise sans emporter des âmes innocentes avec lui ?
Récemment en RDC, des jeunes gens ont osés
occuper la chaussée pour démontrer leur mécontentement a un pouvoir qui ne veut
pas lâcher après avoir expiré tous les mandats possibles. Ils ont marché pour
tenter d’être plus efficace que l’opposition congolaise qui ne cesse d’avancer
et de reculer, tel une danse de tango sans fin avec leurs frères ennemis de la majorité.
Résultat de cet affront ?
Une quarantaine de cette belle jeunesse ont
perdu la vie, une centaine de blessés physiquement, plus de 400 emprisonnés, et
plus d’un millier heurté psychologiquement.
Ce n’est qu’après cette catastrophe que la
mouvance, les opposants, et une église au beau milieu du village, accepte de
s’assoir et discuter pour trouver un accord.
Il aura fallu tous ces morts pour réunir
tout ce beau monde. Encore une fois, les grands absents à ce rendez-vous sont…les
enfants des autres.
Mayamba Luboya
dimanche 18 décembre 2016
Le temps d'écrire...
![]() |
Des jeunes
s’affairent à la lecture sur le « trottoir du savoir » à Brazzaville.
Credit photo : ©BaudoinMouanda
|
Je me suis fait poser la fâcheuse plus d'une fois au cours des dernières
semaines : ''mais Guy-Serge, tu as cassé ta plume ? Tu n'écris plus sur ton blogue''.
Ils ont bien raisons de me relancer, et j'aurais bien tort de trouver des
excuses.
Je serais prétentieux de dire que je n'ai pas le temps d'écrire. Qui a du
temps dans notre nouveau monde 2.0 ? Beaucoup maîtrisent leur montre, mais
personne ne dompte vraiment son temps. Le temps, on le saisit, le créé, au
pire, le bouscule, mais on ne le possède pas.
Bien sûr qu'écrire requiert du temps, mais pas n'importe lequel, celui des
habitants du pays de Cocagne. Celui-ci qui est élastique, celui- là qui
ressemble à un temps mort pour reprendre son souffle, un arrêt sur écran pour
commenter.
Quand on sait que le physicien Albert Einstein, monument de la sphère du
savoir, dormait jusqu’à 12 heures par jour, nous sommes en droit de nous poser
la question suivante : l'oisiveté est-elle nécessaire au travail
intellectuel ?
L'homme de réflexion serait-il condamné à être un Oblomov des temps modernes
?
Bien que sombrer dans l'Oblomovisme serait une alternative outrancière, le
penseur doit ralentir là où tout le monde accélère, ce n'est qu'ainsi qu'il
remarque les détails qui échappent aux yeux de ses contemporains, trop affairés
qu'ils sont, à danser sur le rythme de cette chanson dont le titre est ; le
temps c'est de l'argent.
L'auteur rigoureux doit réfléchir, oui, mais aussi, anticipé les contre-réflexions
de ses lecteurs, et y répondre d'avance. De cette manière, s'il reçoit des
contre-arguments une fois son texte publié, ils ne seront que bénéfiques pour
lui, car ils lui apporteront une nouvelle façon de voir les choses qui lui
était totalement inconnu.
Notre espace temporel, bête noire de nos savants, nous a toujours compliqué
la vie. Sa relativité crée des inégalités. En effet, même si nous avons tous 24
heures dans une journée, elles diffèrent d’un individu à l’autre. Untel
trouvera 24h toujours trop courtes, l’autre juste assez, et même que certains les
trouvent trop longues...
Cela est donc lié à notre activité, le temps prend la forme de la tâche qui
l’occupe, et non l’inverse, comme voudrait nous le faire croire les dérives du libéralisme
économique. Il est ainsi une question de qualité, et non de quantité. Du temps
oui, mais pas n’importe lequel. Toute exercice à son type de temps. Le temps de
couper du bois d’un bûcheron n’est pas le temps de rédiger d’un écrivain. Le temps
de plaidoyer d’un avocat, ne sera jamais le temps d’éduquer d’un parent. Et ainsi
de suite, le temps nous impose ses caprices.
Certains peuples, dont ceux du Sud du Sahara, ont remarqués cela depuis des
lustres. Voilà pourquoi ils n’ont jamais eu un regard linéaire du temps. Sous le
soleil africain, le temps a toujours été une grosse roue qui ne cesse de
tourner en répétant les mêmes événements.
On ne réinvente pas la roue, dit-on. Je me suis donc soumis aux étrangetés
de celle-ci pour composer cette rédaction.
J’espère que vous aurez...le temps de lire.
Guy-Serge Luboya
jeudi 30 juin 2016
Ô 30 Juin : Mes pères
![]() | |
| Le gouvernement Congolais du 30 juin 1960 |
Ce matin, j’ai
pensé à mes pères
en cherchant
mes repères
En lisant
sur la lutte des classes, et la théorie des races
J’ai songé à
Lumumba, Kanza, Kamitatu Cléophas
Ils étaient
jeunes dans un monde de vieux
Naïfs dans
un univers vicieux
Mes pères
étaient plus sensibles qu’on le pense
Mais même
avec la peur aux yeux, le cœur au ventre compense
Ils avançaient
sans vraiment avoir ciblés le but
En revanche,
ils étaient convaincus de ce qu’ils ne voulaient plus
Galvanisés par
cet inlassable désir d’êtres des hommes
Ceux qu’on considérait
comme des sous hommes, sont devenus des surhommes
Crayon à la
main droite, prêts à dessiner leur route sur cette table à dessin
Efface à la
main gauche, prêts à supprimer les voies piégés misent par le Colon sur leur
destin
Marchant sur
le chemin de la liberté, pas à pas, petit à petit
Affrontant les
péripéties et payant le prix pour voir un pays
Chanceux
dans leur malchance, car pour les courageux, la chance a un parti pris
Et le doute
est vite parti devant l’assurance de ceux qui participent à fonder une patrie
À jamais je
leur serai reconnaissant, de mon esprit ils ne seront jamais loin
Ce matin, j’ai
pensé à mes pères en ce 30 Juin
Guy-Serge Luboya
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