mardi 5 avril 2016

Mabika Kalanda face au combattant congolais


Mabika Kalanda
 
Sur la route de la révolte, au carrefour de la révolution, s’entrecroise un théoricien et un pragmatikos. Le premier, Mabika Kalanda, se retrouve hasardeusement sur ce chemin politique en traquant la piste du «Muntu » sous un ciel colonisé.

Feu Kalanda (1932-1995), qui entama une quête identitaire pour ses compatriotes et lui, est resté dans la mémoire collective congolaise et africaine, notamment par son ouvrage le plus célèbre : La remise en question ; base de la décolonisation mentale. La réflexion abordée dans cet essai, est récupérée et agrémentée à la sauce Mobututienne par le président Zaïrois qui en fait une inspiration de son recours à l’authenticité.   



De son vivant, M. Kalanda fut un intellectuel au sens Sartrien du terme. Il charge la perversité du colonialisme jusque dans l’église, ainsi il abandonne son prénom chrétien d’Auguste pour Mabika. Mais, surtout, l’homme de lettres est plus critique envers ses frères, qu’il appelle à une introspection réelle et sincère, voir même jusqu`à « confronter les ancêtres », pour définir leur équilibre dans un monde en constante évolution. 


Le second passant sur ce rond-point de la rupture, le combattant congolais, lui, cherche ses repères. Enfant de l’immigration, il est accablé du mal du pays, il voit à sa mère patrie mourir à petit feu sous son regard impuissant et distant.


Le combatant est un pratico-pratique. Adepte de l’action directe et des slogans hostiles, il n’a pas la culture d’un Kalanda et n’en ressent aucun complexe. Même qu’il éprouve une certaine animosité envers ces intellos qui ont mal dirigés son pays pendant des décennies. Il les range dans la même catégorie que les faux-pasteurs et les politiciens bonimenteurs, celle des « embrouilleurs ».


Et pourtant lui aussi n’est pas à l’abri des critiques. Sa carence théorique désorganise sa pratique. Ses réactions impulsives lui poussent à commettre de grossières bavures qui déroutent son combat.


Nos deux messieurs vont à Rome, mais les itinerarius sont le jour et la nuit. Malgré les avenues discordantes, on dit qu’il n’y que les montagnes qui ne se croisent pas. Le rendez-vous entre le théoricien et le pragmatikos était donc dans l’alignement des astres. Nous y voilà, nous y sommes, au croisement de l’abstrait et de la praxis, à la confrontation de l’idéal et du rationnelle.


La solution découlera du meilleur des deux mondes, j’en suis convaincu.


Si combattant savait, si Kalanda pouvait…

 



Guy-Serge Luboya

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