mercredi 18 novembre 2015

Attentats de Paris : La France & le Français


Ainsi va malheureusement le monde, ainsi il continuera d’aller tant qu’il n’y aura pas une profonde refonte de notre société, une véritable remise en question, un baptême de feu, pour emprunter un terme biblique.
Des terroristes au modus operandi loup solitaire frappent Paris. La ville de l’amour pleure, tremble, mais surtout plonge dans une totale incompréhension.

Une centaine de tués qui ne sauront jamais pourquoi ils sont morts. Des familles en deuils qui chercheront des réponses, mais souvent en se posant les mauvaises questions.
Qui a assassiné leur fils, nièce, mari, femme, cousin, amie ?

Des méchants barbus fous d’Allah !

C’est un peu vrai et un peu faux. C’est vrai qu’ils sont fous, qu’ils sont illuminés et pervertissent leur religion.

C’est faux qu’Allah est mêlé à tout ça. C’est faux qu’ils en veulent aux Français, ils en veulent à la France.
La France fait croire au français qu’ils ne forment qu’un, qu’ils sont unis comme un couple pour le meilleur et pour le pire. Le français gagnerait plutôt à se méfier des belles paroles de la douce France. La plupart du temps, le français ne sait pas ce que la France fait en son nom. Il est comme le Congolais qui ne comprend pas pourquoi depuis 15 ans, sa grande armée nationale n’arrive pas à chasser les quelques 2 à 3 000 « rebelles » qui ont foutu sa vie en l’air, tué son père, violé sa mère.

Le français a mieux à faire que lire la politique étrangère de la France. Le français est un pacifiste, il vit sa vie tranquille et paye ses impôts. La France, elle, est une bully, elle a pris les impôts du français pour bombarder Kadhafi.
Le français ignore que Kadhafi tenait les rebelles Touaregs. Que ces derniers ont traversés vers le Mali, mettant le nord du pays à feu et à sang, quand la France a pilonné le guide Libyen. Que fait la France quand le Mali est déstabilisé ? Elle envoi le français combattre pour chasser les..Touaregs.

Le français était paisible en Côte-d’Ivoire. Il connaissait le pays depuis des années, et n’avait que faire des animosités entres Gbagbo et Ouattara.

La France, elle, est tout sauf apolitique. Elle détestait Gbagbo et chouchoutait Ouattara. Elle a interprété à sa façon le cadre de la résolution 1975 de l’ONU pour larguer ses bombes sur le palais de Gbagbo pendant qu’il s’y trouvait avec sa femme, ses enfants et petits-enfants.  
Le feu sur le toit de la maison de l’ancien président Ivoirien a attisé les flammes d’un sentiment anti-français. Dans les rues d’Abidjan, est réapparu un terrible slogan ; à chaque Ivoirien son français. Des exactions ont étés commises, encore une fois c’est le français qui a payé la note.

Aujourd’hui, c’est avec la Syrie, demain ce sera ailleurs. La France cherche constamment quelque chose chez autrui, sans jamais vraiment donner l’heure juste au français.

Le français est dans une relation abusive, il aime quelqu’un qui n’a pas une grande estime de lui. Il lui faudrait sortir de cette liaison malsaine pour reprendre sa destinée en main.

Ces derniers jours sur les réseaux sociaux, des messages hostiles ont fusés contre le français. D’autres sont allés jusqu’à écrire que c’était bien fait pour lui, que maintenant il comprendra ce que vivent les autres en Palestine, au Congo, en Syrie, au Nigeria.

Et bien ces internautes, eux aussi, n’ont rien compris. Ils prennent des airs de terroristes virtuels tant ils se trompent de cible.

Parce que la plupart du temps, c’est la même chose chez les autres. Les France de ce monde se battent entre elles et c’est les français de ce monde qui subissent les dommages collatéraux.

La situation n’évoluera pas, autant et aussi longtemps, qu’il n’y aura pas ce que prônait le Black Panther Party au États-Unis ; « le pouvoir au peuple. »
La vraie démocratie, pas celle des oligarques où les dés sont pipés bien avant les élections car c’est l’oligarchie qui a choisi les candidats. On vous fait croire que vous avez voté, mais on vous a offert l’alternative entre la peste et le choléra.

 

Que Dieu bénisse tous les peuples du monde.

 

Guy-Serge Luboya

 

 

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Mon Afrique va craquer